« Black ash from the docks »

En stock, disponible sans délais

Cette année très particulière, pour les raisons que tout le monde connaît, ne m’aura laissé que peu de temps pour fabriquer. Mais malgré tout, quelques nouveautés voient le jour dont cette TV CASTER « Black ash from the docks », et je ne tarderai pas à vous en présenter quelques autres dans le mois à venir.

Cette guitare aura été entièrement initiée par la découverte d’un stock oublié sur les quais de Nantes, dans une entreprise qui le possédait depuis des années et qui n’arrivait pas à trouver preneur, les ébénistes français ayant décidé que le frêne américain était moins veiné et donc moins intéressant que le frêne français… (?) Fort heureusement, un commercial de la boîte à eu la bonne idée de m’en parler après que je lui ai acheté un lot d’érable américain et que je lui ai dit que beaucoup de bois américains retenaient mon attention. Lorsqu’il m’a parlé de son frêne américain qui ne trouvait pas preneur, j’ai immédiatement pensé à du swamp ash , et vu la quantité annoncée, je me suis rué sur le stock . Malheureusement, celui-ci était tellement couvert de poussière qu’il était absolument impossible d’en déterminer la vraie nature botanique, et j’ai acheté pour commencer quelques plateaux du dessus. Ils me semblaient bien lourds pour du swamp ash, mais à dire vrai, je n’avais jamais eu l’occasion de porter un plateau entier de cette variété, (c’est un bois que l’on trouve essentiellement débité au formats guitares électriques).

En le ramenant à l’atelier, et après quelques coups de rabot, j’ai rapidement compris qu’il s’agissait du frêne américain que l’on appelle « Black Ash », c’est à dire le frêne lourd, dur et dense , typique des années CBS pour Fender ou des années Music Man ou G&L par la suite. Je n’étais même pas déçu; certes j’aurais préféré qu’il s’agisse de swamp, celui-ci étant amené à disparaître et sa versatilité et ses sonorités en matière de lutherie étant avérées, mais je sais malgré tout qu’un tel lot de frêne noir reste une rareté en France, et fabriquer des guitares dans ce bois est aussi un gage de rareté.
Sans compter que Fender à utilisé ces bois entre les années 70 et 80 ni plus ni moins, et on le retrouve tant sur des Stratocaster, que des Précisions, Jazz-Bass, Telecaster (Thinline, Custom) et mê:e les série Anniversary, Antigua, Lead I et II y ont eu droit.
Si ce ne sont pas les années les plus appréciées, ces bois confèrent aux guitares un caractère bien particulier ainsi qu’une aura « rétro »  que j’associe particulièrement aux grosses crosses qui ont été créées à cette époque.
A force de reproduire le vintage des années 60 tant dans les bois que dans les formes, je trouve que l’actuelle société Fender à vulgarisé ces époques et offert aux modèles des années 70 une dimension particulière et « à part » dans leur production totale, d’ailleurs même les modèles de cette époque finissent par acquérir une côte affective auprès des collectionneurs, générant un engouement et une montée des prix y compris pour ces modèles, même s’ils n’atteignent pas les côtes des modèles des années 60.

Pour en revenir à mon modèle en particulier, comme j’ai la « chance » d’avoir depuis toujours développé des corps évidés, dits « thinline », ceux-ci me permettent donc d’utiliser des bois -à-priori- trop lourds pour en faire des guitares solid-body traditionnelles sans en subir les conséquences en termes de poids et d’ergonomie, et tout en bénéficiant des réelles qualités sonores qu’offrent ces bois.
Au passage, le fait de travailler ce bois particulier m’a fait comprendre plein de trucs concernant les années 70 chez Fender et notamment l’usage des fonds polyester qui ont été adoptés à cette époque. Ce bois à les pores tellement ouverts qu’il est extrêmement compliqué à boucher avec des fonds cellulosiques traditionnels en vigueur avant l’utilisation de ce frêne bien particulier.
Mais les fonds polyester étaient malgré tout recouverts de vernis cellulosiques, ce qui fait qu’aujourd’hui, on voit que le vieillissement de ces modèles particuliers se fait par « strates », ( c’est le cas de dire) le cellulo commençant par se ramollir et devenir poisseux avant tout simplement de se « gommer » pour laisser place à un polyester incolore quasiment intact.

Micros boutique « Single Barrel »

D’un point de vue sonorité, on est dans le clair, le précis, le mordant, le dynamique extrême, et c’est une caractéristique que l’on retrouve assez systématiquement sur les modèles construits en Black Ash, mais étonnamment, cette guitare se prête même aux jeux en sons clairs orientés jazz -bien sûr sur le micro manche- ou dans un autre registre, les beautés sonores à la Jeff Buckley. Le Micro bridge me rappelle les sons du guitariste des Juanitos lorsqu’il attaquait son twin reverb avec sa Strat Anniversary des années 80’ , un twang de dingue, un crunch incisif mais avec un magnifique chantant dans les aiguës, sans jamais atteindre les niveaux qui peuvent se révéler douloureux ou cisaillants pour les tympans; certes, il avait aussi un super groove et un énorme feeling, mais voilà en gros les registres que peut servir cette guitare sur un plateau d’argent.
Je n’ai pas eu l’occasion de l’entendre sur du country ou sur des registres pedal -steel/ lap steel, mais je sais qu’elle fera le boulot d’une manière prodigieuse avec un chantant inimitable.


Pour le reste, on est sur un manche en érable AMÉRICAIN et j’y tiens traversé par un truss-rod double action, réglable côté corps, les dots en celluloïd noirs font 6,35 mm de diamètre et non pas 6, car on reste sur des mesures en pouces, le chevalet est un Gotoh équipé de pontets en laiton traditionnels mais ils sont pré-compensés pour une meilleure justesse et les cordes sont guidées par des entailles les amenant sur un sommet et pas sur une surface ronde, ce qui contribue à la netteté des notes. Les mécaniques sont des Kluson, certes un peu plus raides que des mécaniques à bains d’huile, mais on est sur un esprit vintage, donc à une époque où la direction assistée n’avait pas encore été inventée et que c’est le bonhomme qui faisait le boulot!

A suivre, une nouvelle TV CASTER dont je n’ai pas encore trouvé le nom, et une bien belle petite Pinto Bass en version « ouah! » Et aussi un proto de Pinto Guitare… et puis aussi une Jazz arch top « on ne peut plus trad » et tout le reste,

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